La pose des tuiles courantes
Rang par rang, du bas vers le haut, j’ai posé les tuiles mécaniques sur toute la surface. Chaque tuile s’accroche au liteau et vient chevaucher la précédente : c’est ce chevauchement qui garantit l’étanchéité, pas la tuile en elle-même. Sur cette toiture, j’ai posé un modèle en terre cuite teinte brune, choisi avec le propriétaire pour rester proche de la teinte d’origine sans jurer avec les maisons voisines. Compter une tuile toutes les trente secondes environ une fois le rythme pris, mais chaque rang se vérifie avant de passer au suivant : un décalage d’un centimètre en bas de pente se voit à trois mètres en haut.

La reprise du faîtage
Sur la ligne de crête, j’ai posé des faîtières neuves, alignées tuile après tuile sur toute la longueur du toit. Le faîtage encaisse le vent et la pluie en premier : une faîtière mal fixée aujourd’hui, c’est une infiltration dans deux ou trois hivers. J’ai fixé chaque faîtière avec des vis inox plutôt qu’un simple scellement au mortier, pour tenir dans le temps même avec les écarts de température qu’on connaît en Île-de-France entre l’été et l’hiver. La jonction des deux pans, au sommet, demande une attention particulière : c’est là que l’eau ruisselle des deux côtés à la fois.


Le solin autour de la cheminée
La souche de cheminée reste le point le plus délicat d’une toiture. J’ai façonné le solin en zinc sur mesure, pour qu’il épouse parfaitement les quatre angles de la souche, avec un relevé suffisant pour éviter toute remontée d’eau par capillarité en cas de fortes pluies. Un solin mal ajusté à cet endroit, c’est la cause numéro un des infiltrations que je vois en intervention SOS fuite : l’eau s’infiltre lentement, souvent invisible pendant des mois, jusqu’à ce qu’une tache apparaisse au plafond de la chambre juste en dessous.

Le résultat
Toiture brune uniforme, faîtage droit, finitions propres autour de la cheminée. Cette maison a une couverture qui tiendra plusieurs décennies, pas juste quelques hivers de plus. Le chantier s’est étalé sur environ deux semaines, dépose comprise, avec une équipe de deux couvreurs mobilisée en continu. Le propriétaire a pu suivre l’avancement au fil des visites, ce qui compte aussi dans ce genre de travaux : personne n’aime laisser sa toiture ouverte plus longtemps que nécessaire.

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